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Professeur Joel Swendsen

Directeur de Recherche, CNRS

Institut de Neurosciences Cognitives et Intégratives d’Aquitaine (INCIA)

            Chercheur en psychologie clinique, les syndromes examinés dans mes investigations constituent les troubles mentaux les plus fréquents en population générale : les troubles de l’humeur, les troubles anxieux, les psychoses et les addictions. Cependant, alors que des centaines de chercheurs du monde entier travaillent sur ces mêmes sujets, il est particulièrement surprenant de constater que les mêmes débats relatifs à l’étiologie ou le traitement de ces troubles persistent au fil des ans. Ce problème résulte en grande partie des barrières méthodologiques qui entravent leur étude ou prise en charge, connues, mais toujours mal maîtrisées. Mes travaux ciblent ces problèmes en appliquant des technologies mobiles qui examinent l’expression des vulnérabilités en vie quotidienne et en temps réel.

Surmonter la barrière du temps

            Les troubles mentaux sont souvent caractérisés par un ‘cycle de vie’ très court par rapport à la période dans laquelle un facteur de risque peut influencer la sévérité des symptômes ou l’expression d’un comportement anormal. De tels phénomènes sont observables sur des périodes souvent limitées, de quelques minutes à quelques heures, tandis que la plupart des méthodologies ‘classiques’ appliquent les bilans sur des intervalles beaucoup plus longs (semaines, mois, années). Il est par conséquent difficile voire impossible de déterminer comment ces mécanismes fonctionnent, information nécessaire pour le développement de traitements efficaces. L’application de technologies mobiles telles que les smartphones dans mes recherches permet la collecte des informations à plusieurs reprises dans la journée et ainsi d’étudier ces phénomènes dynamiques, alors que ce ne serait pas envisageable dans un hôpital ou une clinique.

Surmonter la barrière du contexte

            Malgré les contributions importantes des études effectuées dans un laboratoire ou hôpital, elles restent limitées aux observations effectuées dans le même environnement. Pour cette raison, une deuxième entrave de la recherche sur les troubles mentaux concerne la validité « écologique » des données. Les technologies mobiles permettent la collecte d’un échantillon représentatif des états mentaux et des comportements dans des contextes authentiques de la vie quotidienne. Ainsi, l’utilisation de cette approche permet à mes études de comprendre les conditions naturelles dans lesquelles les symptômes du patient sont plus ou moins susceptibles de s’exprimer, tout en intégrant la spécificité des ces informations pour chaque individu.

Surmonter la barrière des soins

            On demande à tout patient soigné en psychiatrie de s’impliquer dans son traitement, il doit comprendre l’importance de l’observance du régime médicamenteux ou de la performance des exercices psychothérapiques. Cependant, la très grande majorité de ce travail n’est pas effectuée sous la surveillance directe d’un clinicien, mais plutôt quand le patient est seul à la maison, au travail, ou dans sa vie quotidienne. C’est exactement à ces moments-là que le patient est le moins accompagné. Mes recherches tentent de répondre à ce besoin avec des interventions administrées par des technologies mobiles et qui peuvent être spécifiques à chaque individu. Grâce à cette approche, la prise en charge des patients peut-elle être améliorée, et, l’objectif de la médecine personnalisée, atteint de manière plus efficace.

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